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Dépannage-remorquage et fourrières : Mobilisation historique de la profession le 21 mai prochain à Paris

  • 13 mai
  • 4 min de lecture
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Paris La Défense, le 11 mai 2026 - La Fédération Nationale de l’Automobile (FNA) alerte les pouvoirs publics sur la situation critique des entreprises de dépannage-remorquage et de fourrière. Alors qu’un mouvement de mobilisation nationale est prévu le 21 mai prochain, la profession dénonce une accumulation de difficultés économiques, sécuritaires et réglementaires qui menace désormais directement la pérennité du service rendu aux usagers et aux forces de l’ordre.


Depuis plusieurs années, la FNA mène un travail de fond avec les administrations concernées afin de faire évoluer les conditions d’exercice de ces métiers essentiels à la sécurité routière et à l’ordre public. Des groupes de travail ont été engagés avec les pouvoirs publics sur les questions tarifaires, la sécurité des professionnels et l’évolution du cadre réglementaire.

Mais aujourd’hui, la hausse brutale des coûts d’exploitation, notamment du carburant, agit comme un révélateur d’une situation devenue insoutenable pour de nombreuses entreprises.


Un maillage territorial indispensable en danger

Chaque jour, partout en France, les entreprises de dépannage-remorquage-fourrière assurent une mission essentielle : sécuriser les routes, intervenir après les accidents, enlever les véhicules dangereux ou gênants, accompagner les forces de l’ordre et garantir la fluidité du trafic.

Ce maillage territorial repose principalement sur des TPE et PME de proximité, disponibles 24h/24 et 7j/7, souvent dans des conditions difficiles. La profession compte environ 6 000 entreprises, dont une majorité de garages automobiles proposant ce service.

De plus en plus d’entreprises renoncent aujourd’hui à poursuivre cette activité devenue économiquement intenable, compte tenu des conditions actuelles imposées aux professionnels. À terme, c’est donc la capacité d’assurer un service rapide et efficace de dépannage et d’évacuation des véhicules légers et lourds sur l’ensemble du territoire qui est menacée.


Philippe Gimenez, président de la branche dépannage-remorquage fourrière de la FNA

« Ces entreprises exercent une véritable mission d’utilité publique. Si elles disparaissent progressivement, ce sont les automobilistes, les collectivités et les forces de l’ordre qui en subiront directement les conséquences », alerte Philippe Gimenez, président de la branche dépannage-remorquage fourrière de la FNA.



Des entreprises au bord de l’asphyxie économique

Les tarifs des prestations de dépannage et de remorquage sur autoroutes et voies express, ainsi que ceux liés à l’enlèvement de véhicules en vue de leur mise en fourrière à la suite d’infractions (rodéos urbains, conduite sous stupéfiants, stationnement dangereux, etc.), sont encadrés par des plafonds réglementaires aujourd’hui totalement déconnectés des réalités économiques du secteur.

Depuis des années, la profession alerte sur cette situation. Ces tarifs, pour certains quasiment inchangés depuis le passage à l’euro au début des années 2000, ne tiennent plus compte de l’évolutionconsidérable des coûts supportés par les entreprises. Carburant, assurances, équipements spécialisés, foncier, exigences accrues en matière de sécurité des sites, ou encore investissements liés à l’électrification du parc : les charges n’ont cessé d’augmenter.

Dans le même temps, la hausse des prix des carburants, principalement du diesel, indispensable aux véhicules d’intervention, ne peut être répercutée. Cette situation, parfaitement connue des pouvoirs publics, fragilise durablement les entreprises de proximité et menace leur pérennité.


Actuellement les professionnels sont confrontés :

  • à des interventions réalisées à perte. Malgré cela, les entreprises continuent d’assurer leurs missions, souvent dans des situations d’urgence où elles sont parfois les seules à pouvoir intervenir. Elles se heurtent toutefois depuis des années au refus persistant de l’Administration de revaloriser les interventions de nuit et des jours fériés, contrairement à ce qui existe dans de nombreuses autres professions.

  • à des impayés durables de la part de l’Administration, notamment dans certaines procédures judiciaires ;

  • au retrait de certaines compagnies d’assurance dans la couverture de ces activités.

À cela s’ajoute le fait que ces mêmes acteurs contestent désormais le bien-fondé des réquisitions des forces de l’ordre, allant jusqu’à refuser le règlement de prestations réalisées pour leurs propres assurés.


Dans ce contexte, la FNA demande des mesures immédiates :

  • Des aides carburants ciblées vers les professionnels du dépannage-remorquage-fourrière, au même titre que les autres secteurs exposés déjà accompagnés,

  • Une revalorisation urgente des tarifs réglementés ; leur révision annuelle et le droit de majorer la nuit le week-end, les jours fériés,

  • Un plan d’accompagnement pérenne (mesures fiscales incitatives, réduction des délais de paiement de l’administration …).


Pour la FNA, l’État ne peut plus ignorer la dégradation de la santé économique de la profession, dégradation dont il est en partie responsable, du fait de l’inaction cumulée depuis des années.


La sécurité des interventions ne peut plus être ignorée

La profession appelle à un renforcement global de la sécurité, tant lors des interventions que sur les sites de stockage, ainsi qu’à une meilleure protection des professionnels. Malgré des avancées engagées avec les pouvoirs publics, les mesures prises restent insuffisantes au regard de l’urgence.


La FNA appelle l’État à prendre ses responsabilités

À travers la mobilisation du 21 mai, la FNA souhaite envoyer un message clair : sans décision rapide des pouvoirs publics, c’est tout un pan du service de dépannage-remorquage-fourrière qui risque de se fragiliser durablement.

La Fédération appelle l’État à :

  • reconnaître officiellement le rôle d’utilité publique de la profession ;

  • préserver le maillage territorial des entreprises ;

  • garantir des conditions économiques viables ;

  • renforcer immédiatement la sécurité des interventions.


« Les professionnels ont toujours répondu présents lors des crises, des accidents majeurs, des violences urbaines ou des événements exceptionnels. Aujourd’hui, ils demandent simplement les moyens de continuer à assurer leur mission », conclut Philippe Gimenez



À propos de la FNA

La FNA est l'organisation professionnelle représentative des Entrepreneurs Artisans de l'automobile depuis 1921.

Elle regroupe l'ensemble des métiers en lien avec les services de l'automobile, un secteur qui compte plus de 170 000 entreprises et 421 000 salariés.

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